Objectives du Blog

Ce blog est destiné à créer un espace propice pour:

1. Créer et encourager une nouvelle façon de voir, de sentir, d'adresser et de représenter l'art;

2. La divulgation des œuvres de compositeurs latino-américains peu connus en Europe;

3. La divulgation de la "Philosophie Candela" et du projet de la "Camerata Candela".

jeudi 28 juin 2012

Le compositeur du vendredi : Walter Smetak, l'alchimiste du son

Anton Walter Smetak (Zurich, 1913 - Salvador de Bahia, 1984) était un musicien suisse qui vit au Brésil depuis 1937. Violoncelliste, compositeur, écrivain, sculpteur et fabricant d'instruments de musique, Smetak a enseigné à l'École de Musique de la Université Fédérale de Bahia et il a influencé toute une génération de musiciens brésiliens, y compris Tom Zé, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Marco Antônio Guimarães.



Biographie

Fils d'un couple tchèque qui a vécu à Zurich,  Smetak au eu contact avec la musique depuis la plus jeune âge. Son père, excellent sitariste, fut son prémier professeur. Bien qu'il souhaitait jouer le piano, un accident qui compromets la coordination de sa main droite lui destine étudier le violoncelle. Il est diplômé du Mozarteum de Salzbourg et en 1934 il fait son diplôme de Concertiste au Conservatoire de Vienne, avec Pablo Casals.

En 1937, il est obligé d'aller au Brésil, engagé par la Orchestre Symphonique de Porto Alegre. Il découvre seulement après son arrivée que le groupe n'existait plus. Il va vivre à Sao Paulo et Rio de Janeiro, et il commence à jouer dans des fêtes, des casinos et des orchestres de la radio. Il accompagne très suivant des chanteurs et il arrive même à enregistrer avec Carmen Miranda.

En 1957, il s'installe à Salvador, Bahia, invité par Hans Joachim Koellreuter (Université Fédérale de Bahia ). Il se dédie à l'enseignement et à la recherche. Il y rencontre la Théosophie et il commence à effectuer de la recherche sonore. Dans son atelier il crée des instruments de musique avec des tuyaux en PVC, des gourdes, polystyrène et d'autres matériaux inhabituels. Certains de ces outils n'ont pas seulement un finalité musicale. Les sculptures sont influencés par sa façon mystique en faire face à la musique et aux formes. Tout au long de son séjour à l'Université Fédérale de Bahia, Walter Smetak a construit environ 150 de ces instruments, qu'il leurs a appelés "plasticas sonoras". Il a également servi en tant que violoncelliste à l'Orchestre Symphonique de l'Université Fédérale de Bahia, et à l'enseignement de l'acoustique.


 





Il était aussi sculpteur et écrivain. Il fait son participation em 1967 à la Biennale des Arts Plastiques de Salvador. Il a écrit plus de 30 livres et trois pièces théâtrales.

A partir de 1969, son atelier est devenu fréquenté par Gilberto Gil, Rogério Duarte et Tuzé de Abreu. Pour jouer dans ses instruments, la majorité d'interpretation colective, il créé avec ses étudiants de l'Université le "Grupo de Mendigos" qui a fait des représentations à Bahia et Sao Paulo.

En 1972, Caetano Veloso cite dans sa chanson "Epic" à Smetak: "Smetak, Smetak & Musak & Smetak & Musak & Smetak & Musak & Razão".

Il est décédé le 30 mai 1984 à Salvador. Son oeuvre "plasticas sonoras" est exposé au Pelourinho, Salvador, Bahia, Bresil.






Musique

Smetak a été largement influencé par le mysticisme ésotérique. Il croyait que la musique microtonal était supérieur. Il a construir ou adapté plusieurs de ses instruments pour pouvoir effectuer ce genre de musique. Dans son atelier, il jouait  ses propres compositions et improvisait avec ses étudiants. Ses élèves l'appelaient, affectueusement "Tak Tak", en référence à sa particulière musicalité.




Il a gagné des nombreux admirateurs entre les musiciens classiques et populaires. Les artistes du tropicalisme - mouvement culturel apparu au Brésil en 1967, suite au coup d'État de 1964, à l'origine de la dictature militaire. Ce courant a synthétisé divers courants sonores et lancé l’idée d’une musique universelle. Les tropicalistes contestaient le nationalisme et la musique populaire brésilienne de l’époque. Ils ont adapté le psychédélisme et le courant hippie à la réalité brésilienne - toujours ont considéré, Smetak, comme l'un de ses plus fortes influences. Marco Antônio Guimarães, un de ses élèves, également violoncelliste, a été l'un de ses disciples les plus fidèles. A Belo Horizonte, il a créé un atelier aux moldes de Smetak et il fondé le groupe “Uakti”.

Groupe Uakti - Ovo de serpente

Au cours des dix dernières années de sa vie, il a cessé d'écrire des compositions, en préférant se dédier plutôt à l'improvisation. Il a laissé une série d'enregistrements de ces sections de l'improvisation.






Il a enregistré deux albums: "Smetak” (1975), produit par Caetano Veloso et Roberto Santana et “Interegno” (1980), en collaboration avec le groupe Microtons.


Links :


waltersmetak.com


waltersmetak.blogspot.ch

mardi 26 juin 2012

Mardi de découverte : Musique Andine


La musique andine tire ses origines de la musique des peuples de langue quechua, aymara et d'autres peuples de la Cordillère des Andes. Cette zone comprend l'Argentine, la Bolivie, l'Équateur, le Chili, la Colombie, le Pérou et le Venezuela.









On sait que les instruments à vent et à percussions ont existé en Amérique du Sud avant même les Incas, mais c'est avec l'empire inca que l'évolution musicale a culminé. L'arrivée des Espagnols au xvie siècle a apporté des instruments à cordes et de nouvelles formes, encourageant l'invention du charango, un instrument à cordes semblable à un luth avec à l'origine une carapace de tatou, mais maintenant fabriqué en général à partir de variétés locales de bois. À la famille des charangos appartient un instrument plus gros appelé ronroco s'apparentant à la mandoline. Les violons ont pu également s'introduire dans la musique andine, tout comme d'autres instruments d'origine européenne tels la guitare ou l'accordéon.




Le groupe des flûtes de Pan comprend le siku (ou zampoña) et l'antara. Ce sont des instruments indigènes anciens qui varient dans leurs tailles, dans les façons de les accorder et dans leur style. Les instruments de ce groupe se fabriquent à partir de roseaux aquatiques présents dans de nombreux lacs de la partie andine de l'Amérique du Sud. Le siku est fait d'un ensemble de deux roseaux qui sont accordés soit en gamme pentatonique soit en gamme diatonique. Certaines flûtes de Pan modernes avec un seul roseau s'inspirent de l'antara indigène et sont capables de jouer la gamme complète, tandis qu'on joue du siku traditionnel en utilisant deux roseaux liés entre eux. Il est encore courant que deux artistes se partagent une mélodie en jouant sur un siku de taille plus grande appelé toyo. Cette façon de répartir entre deux musiciens les notes à jouer s'appelle le jeu en hoquet et est encore en usage aujourd'hui dans nombre de chants traditionnels huaynos et dans la musique andine contemporaine.






Les quenas (flûtes à bout entaillé) restent populaires et sont traditionnellement fabriquées à partir des mêmes roseaux aquatiques que les sikus, même si on utilise parfois un tube en PVC en raison de sa résistance à la chaleur, au froid et à l'humidité. En règle générale, on n'utilise les quenas que pendant la saison sèche, et on joue avec des flûtes verticales, appelées tarkas, au cours de la saison des pluies. Les tarkas sont fabriquées en bois dur des Andes, donc de provenance locale. Les fanfares où dominent les tambours et les flûtes de Pan sont tout à fait courantes aujourd'hui et servent à célébrer mariages, carnavals et autres festivités.






Le xxe siècle a été témoin de changements radicaux dans la société et la culture des Andes. La Bolivie, par exemple, a connu en 1952 une révolution nationaliste, avec comme conséquence une prise de conscience sociale par les autochtones et un élargissement de leurs droits. Le nouveau gouvernement a créé un département de folklore au ministère bolivien de l'Éducation, et des stations de radio ont commencé à émettre en aymara et en quechua.

En 1965, un groupe influent, Los Jaivas, s'est formé à La Paz, en Bolivie. Ce quatuor est arrivé à fondre des sons indigènes dans des formes convenant mieux aux Européens et à la classe moyenne de villes. Un membre de Los Jairas, Gilbert Favre (un flutiste de la Suisse francophone) avait auparavant fait à Paris la connaissance des Parra, Ángel, Isabel, et leur mère Violeta). Par la suite les Parras ont commencé à promouvoir la musique indigène à Santiago du Chili.




La fin des années 1960 a vu l'apparition de groupes indigènes comme Ruphay, Grupo Aymara, et la chanteuse emblématique en quechua, Luzmila Carpio. Par la suite, des groupes chiliens comme Inti-Illimani et Los Curacas ont entrepris pris un travail de fusion de Los Jairas et des Parra pour inventer la nueva canción, qui est revenue en Bolivie dans les années 1980 en la personne d'artistes du canto nuevo comme Emma Junaro et Matilde Casazola.



Les années 1970 ont été la décennie au cours de laquelle la musique andine a connu sa croissance la plus forte. Différents groupes ont surgi dans les différents villages à travers toute la région des Andes, au Pérou, en Équateur, au Chili, en Bolivie, en Colombie et en Argentine. Certains groupes s'installent en France, tels Los Calchakis ou Quilapayún, et participent à la popularisation de cette musique en Europe.

Un grand nombre de musiciens ont trouvé le chemin des grandes villes formant différents groupes et ensembles dont l'un des plus légendaire était Los Kjarkas, de Bolivie. Ses chants et ses compositions ont connu un immense succès en Bolivie et étaient destinés à constituer par la suite le standard de la musique andine.






C'est Los Kjarkas qui devaient plus tard transmettre la musique andine au reste du monde.



lundi 25 juin 2012

Dimanche au concert : Buenos Aires 8


Buenos Aires 8 était un groupe vocal de tango et de musique folklorique de l'Argentine crée à Buenos Aires en 1968. 




Le magazine allemand Twen les considérait comme «le meilleur groupe vocal populaire dans le monde».

Tout au long de son histoire les membres étaient Chichita Fanelli (soprano), Lidia Tolaba (soprano), Ani Grunwald (soprano), Magdalena Leon (soprano), Analia Lovato (mezzo-soprano), Clare Steinberg (contralto), Laura Hatton (mezzo-soprano) Miguel Odiard (ténor), Cesar Tolaba (ténor), Paul Skrt (ténor), Morales Florencio (ténor), Corral Horacio (baryton et basse) et Fernando Llosa (basse).


Avec des arrangements vocaux d'origine instrumentales, ils ont atteint une qualité remarquable dans leurs interprétations de la musique populaire en Argentine. 

Son album Buenos Aires Hora 8, consacré entièrement à l'œuvre d'Astor Piazzolla, a été considéré comme l'un des meilleurs albums de l'histoire de la musique de l'Argentine. 

Astor Piazzolla lui-même, à l'écouter, il a écrit:



Estas impresiones sobre B.A.8 la doy por la única razón de que son realmente notables. Nuestra música ciudadana comienza una nueva etapa sonora. Esta es la mejor manera de jerarquizar el tango. Con CALIDAD. Esto prevalecerá.









jeudi 21 juin 2012

Le compositeur du vendredi: Manuel Ponce

Biographie

Manuel Maria Ponce (8 décembre 1882 - 24 avril 1948) était un compositeur mexicain du début du XXe siècle.

Manuel M. Ponce est né à Fresnillo, Zacatecas, mais il a passé son enfance dans la ville d'Aguascalientes. D’une grande vocation musicale depuis l'enfance, il est rentré au Conservatoire National Supérieur de Musique en 1901, où il resta jusqu'en 1903. En 1904, il est allé étudier à l'École de Musique de Bologne, en Italie. Ensuite, il voyage en Allemagne, où il a fait ses études entre 1906 et 1908. Il est retourné au Mexique en 1908, et il se dédie à l'enseignement du piano et de l'histoire de la musique.


Il s’est dédié à créer une œuvre musicale basée sur les thèmes du folklore mexicain, en les combinant avec le style romantique européen de son époque. Une autre influence importante est la production de l'impressionnisme; avec Jose Rolon, les deux compositeurs représentent l'influence la plus importante de l'impressionnisme musical au Mexique.
 

Parmi ses œuvres, celle qui l'a rendu célèbre dans le monde entier c’été Estrellita. Ponce n’a pas reçu un seule sou, parce que, par négligence, ni lui ni son compagnie d’enregistrement avaient enregistré le travail en son nom.
 

A l'époque ses chansons ont été chantées par des célèbres chanteurs de ce moment tels que Lily Pons, Tito Schipa.

Il a composé pour divers instruments, en particulier la guitare, grâce aussi à l'amitié qu'il a eue avec l'espagnol Andrés Segovia, guitariste, ainsi que d'autres compositeurs de cet instrument comme Heitor Villa-Lobos, Federico Moreno Torroba et Joaquin Rodrigo. Il fut le premier compositeur mexicain dont la musique été largement connu à l'étranger. Il a reçu le Prix National des Sciences et des Arts en 1947. Il est mort un an plus tard et son corps a été enterré dans la rotonde des personnes illustres dans le cimetière de Dolores à Mexico.
 




Le fondateur du nationalisme musical mexicain

Ponce est considéré comme le père du nationalisme musical mexicain. En 1912, il dirigea un concert avec d'œuvres contenant des caractéristiques considérées pour la première fois véritablement mexicaines. Ainsi, 1912 est considéré comme le début du mouvement nationaliste dans la musique mexicaine. A cette époque, il a eu comme élève Carlos Chavez, celui qui permettrait de consolider le mouvement nationaliste. Certains auteurs considèrent Ponce comme le « Philippe Pedrell du Mexique ». 
 

Ponce a affirmé que les compositeurs doivent être inspirés par la musique et les chansons folkloriques de son pays, pour embellir les chansons et leur donner un plan artistique. Parmi la finesse de l'harmonisation de chansons populaires, Ponce voulait ennoblir la musique nationale.

Je considère comme un devoir de chaque compositeur mexicain, ennoblir la musique de son pays natal et lui donner une forme artistique, la couvrant de vêtements de polyphonie, pour ainsi préserver avec amour la musique populaire, qui est l'expression de l'âme nationale.

Une raison logique pour cet aspect, c'est que Ponce a développé une grande partie de ses offrandes musicales dans les années avant la Révolution mexicaine, c'est-à-dire, avant le changement violent de mouvements idéologiques et avant-gardistes du Mexique. Ponce évitée autant que possible toute référence à la musique indigène estimant qu'il manque de raffinement. Il préfère le métissage musical plutôt que d'améliorer les caractéristiques de la musique folklorique mexicaine populaire autochtone. Quoi qu'il en soit, il est le premier compositeur mexicain qui dirige son attention sur les éléments de sa nation pour créer une école de composition mexicaine. Ponce cherchait à travers la musique populaire un sentiment et une expression personnelle.

Musique
 
Ponce a écrit de la musique pour instrument seul, musique de chambre et orchestre. Ses partitions pour piano et guitare représentent l'essentiel de ses œuvres pour instrument seul si l'on considère les pièces qui nous sont connues.
Guitare
Le répertoire pour guitare de Ponce est au cœur du répertoire de cet instrument, les œuvres les plus connues étant les Variations et fugue sur la Folia (1929) et la Sonatina meridional (1939). Il a également écrit un concerto pour guitare, le Concierto del sur dédié à son ami et guitariste virtuose Andrés Segovia.
  • Sonata mexicana (1925)
  • Sonata III (1927)
  • Sonata clásica (1928)
  • Thème varié et Finale (1928)
  • Sonata romántica (1929)
  • Variations et fugue sur la Folia (1929)
  • Homenaje a Tárrega (1932)
  • Sonatina meridional (1939)
  • Variaciones sobre un thema de Antonio de Cabezón (1948)
  • 24 preludios
  • Tres canciones populares mexicanas
  • Sherzino Mexicano



Pièces d'abord connues sous de fausses attributions
  • Suite en la mineur: cette suite s'inspirant de la musique baroque a été composée à la demande d'Andrès Segovia pour un concert commun avec le violoniste Kreisler, qui avait déjà utilisé le subterfuge d'un faux compositeur pour jouer des pièces qu'il avait lui-même composées. La suite en la mineur, devait d'abord être attribuée à Bach, mais Segovia craignant que cela ne fut trop facile à déjouer choisit le compositeur luthiste Sylvius Leopold Weiss, moins connu. La pièce fut publiée sous cette attribution et resta ainsi plusieurs années.
  • Suite Antigua; il s'agit à nouveau d'une demande de Segovia, qui présenta cette fois l'œuvre comme un arrangement par ses soins de sonates de Scarlatti.
  • Ballet et Allegretto, toujours à la demande de Segovia.
Piano
Selon des témoignages oraux et de la presse de l'époque, le compositeur était lui-même un excellent pianiste.
  • Intermezzo
  • Balada Mexicana (1914)


Chansons
  • Estrellita (1912)
  • A la orilla de un palmar
  • Alevántate
  • Marchita el Alma
  • La Pajarera
  • Una Multitud Mas
Musique de chambre
  • Trio Romántico , pour violon, violoncelle et piano.
  • Sonata, pour guitare et clavecin
  • Sonata a dúo (Sonate en duo) pour violon et alto (1936–1938)
Œuvres pour orchestre
  • Chapultepec, 3 esquisses symphoniques (1929, rév. 1934)
  • Estampas Nocturnas pour orchestre à cordes en 4 mouvements (1932)
  • Danza de los antiquos Mexicanos (1933)
  • Poema Elegíaco (1935)
  • Instantaneas Mexicanas, 6 pièces brèves (1938)
  • Ferial, poème symphonique (1940)




Concertos
  • Concerto Romantico pour piano et orchestre en fa dièse mineur (1910)
  • Concierto del Sur pour guitare et orchestre (1941)
  • Concerto pour violon (1943)


Notes concernant les œuvres
Un grand nombre de pièces de Ponce étaient jusqu'alors inconnues du public, le professeur et pianiste mexicain Carlos Vásquez élève de Ponce ayant conservé la plupart des manuscrits originaux du compositeur. L'ensemble a finalement été cédé à l'École Nationale de Musique (UNAM) de Mexico et un catalogue analytique de ses œuvres pourrait être publié.
L'une des chansons de Ponce encore fréquemment entendues actuellement (2006) est Estrellita (1912).